J'ai le vertige . J'ai du mal à marcher dans une rue trop pleine . Le front contre la vitre , assise sur la table . Je rêvasse . Un jour , rougis par ma peau , je rêvasse . Plus jeune , encore trop jeune , ma tête stoïque devant la fenêtre . J'imagine une piste de danse à la terre bleue . Un ciel lourd, orange qui pèse sur les cheveux et chapeaux . Des femmes aux sourcils noircis, à la bouche fièvreuse . Que les hommes prennent par la manche, les jettant au centre . Les forçant à danser .
Encore, encore, à en faire tourner la tête, encore, au malaise, encore à en vomir .
Elles en oublient leurs noms, qui de toute façon, sont laids et triste et rêvent malgré eux, malgré elles-même de celui que l'homme leur donnerait s'il savait aimer . Leurs peaux blanches comme la chair d'une pomme découpent dans l'ocre de moites ombres . Un rire de gorge, fend le sol en deux . Leurs chevelures noires comme l'encre des seiches rend leur peau ardente, et brûle le paysage aride . La hanche mouvante, elle se joue des hommes . Elle les apprivoise de sa voix et son dédain cajoleur . Ses seins minuscules ont tellement peur, son coeur tonitruant . Je suis une sale bestiole assise sur ma fenêtre .
A vaciller sur le trottoir,
grognant , jurant comme un teneur de saloon ,
j'ai vu arriver un cowboy
avec un chapeau , mais sans lasso .
A croire qu'il ne voulait rien attraper ,
pas même une belle bête comme moi .