Nous avons connu des milliers de joies. Souvent, je me laissais porter pas le vent, galopant sur des chevaux sauvages, aux travers des plus incroyables plaines du monde. Ensemble, nous dévalions les plus belles pistes de skis: de la Norvège au Canada, en passant par la France. Les skis aux pieds, nous nous évadions entièrement, le coeur et l'esprit léger. Même les immenses lacs du Nord Etasunien n'avaient plus de secret pour aucun de nous deux. Les pluies diluviennes amazonienne ne changeaient rien à notre projet; nous marchions le coeur en avant et les problèmes en arrière. Notre amour nous rechauffait, lui. Autant ou presque plus que la chaleur du Sahara. Des collines du massif central, nous avons vu les plus belles jonquilles du pays, et les forêts de sapins et chênes étaient comparablent à un centenaire ayant fait la guerre. Et puis je l'aimais. Dans les plus belles chambres d'hotels, dans les plus sommaires et chaleureuses cabanes de Laponie, dans les plus riches palais arabe d'Orient. Oui je l'aimais.
Nous nos sommes procurés les plus pures porcelaines avec des décors exotiques. Des livres, avec des reliures de cuire si fine qu'un simple touché donné l'impression qu'on allait les briser. Ces livres étaient imprimés en Elzevirs, prouvant le caractère authentic et précieux de nos acquis. Des souvenirs, oui des souvenirs, nous en avions rapportés de notre traversée. Des tables de bois d'acajous, venant du Vietnam, des vétements de soies et de lins, dessinant les formes sveltes et délicieuses de Sylvie. Des tapis, plus majestueux que tous ce qu'un homme pourrait imaginer. Pour ma part, les dobberlmans que m'avait offert Sylvie en Pologne était le plus cadeau. Ils bondissaient à ma vue, avaient de la compassion pour elle. Ils devaient sentir que ce rêve qui nous animé allait touché à sa fin.